samedi 18 mai 2013

[Appel à textes] Revue Etherval - Le Don

L’Appel à Textes de la revue Etherval est actuellement ouverte jusqu'au 16 août 2013 à 21h.

Le thème est "le Don".

Certains naissent avec, d'autres l'acquièrent par des épreuves que jamais ils n'auraient dû surmonter. Certains apprennent à le maîtriser, d'autres en sont les victimes et les esclaves. Racontez-nous l'histoire de ces héros qui s'en servent pour faire le bien, de ces vauriens qui en usent pour disperser le mal, ou de ces gens ordinaires, qui ne se sont jamais posé la question avant aujourd'hui.

Les restrictions sont :

Un écrit s’inscrivant OBLIGATOIREMENT en Science Fiction, Fantasy, Fantastique.
La Revue s'adresse à un public de plus de quinze ans et essentiellement adulte. Nous recherchons surtout des œuvres mâtures, à la technique d’écriture maîtrisée et dotées d’une vision singulière.
L’écrit doit être rédigé dans un français soigné. Par souci de cohérence entre les textes, nous vous demandons d’opter pour une orthographie traditionnelle et d’accentuer les majuscules qui le nécessitent.
Un auteur : une seule nouvelle. Les coécritures sont bien sûr autorisées. Les auteurs s’engagent à ne pas avoir plagié ou s’être approprié le travail d’autrui et reconnaisse leur seule et entière responsabilité de leur déclaration d’être les auteurs de leur œuvre.
Le récit ne doit pas avoir déjà fait l’objet d’une publication antérieure (revue, anthologie, fanzine, site internet). En cas de parution, nous demandons douze mois d’exclusivité.

Il s'agit d'une publication bénévole et l'appel à textes est disponible dans son intégralité à http://www.etherval.com/static/?id=soumission

lundi 13 mai 2013

Grand Prix de l'Imaginaire 2013 : les lauréats

Le jury du GPI a le plaisir de proclamer enfin les lauréats du Grand Prix de l'Imaginaire 2013 (41ème édition du Prix).
Vous trouverez la liste intégrale des lauréats ci-dessous et le palmarès complet sur www.noosfere.org/gpi/2013.php
La cérémonie de remise des prix se déroulera le dimanche 19 mai, à 18h15, dans la Maison de l'Imaginaire du festival Etonnants Voyageurs à Saint-Malo. Elle sera précédée à 17h30 d'une rencontre avec Paolo Bacigalupi, lauréat du Roman étranger.

Pour le GPI,
Pascal Patoz

1) Roman francophone
- Du sel sous les paupières de Thomas Day (Folio SF)

2) Roman étranger
- La Fille automate de Paolo Bacigalupi (Au diable vauvert - trad. Sara Doke)

3) Nouvelle francophone
- Une collection très particulière (recueil) de Bernard Quiriny (Seuil)

4) Nouvelle étrangère
- La Petite déesse de Ian McDonald (in Bifrost n°68 - trad. Gilles Goullet)

5) Roman jeunesse francophone
- Magies secrètes de Hervé Jubert (Le Pré aux clercs)

6) Roman jeunesse étranger
- Sous le signe du scorpion de Maggie Stiefvater (Hachette - trad : Camille Croqueloup)

7) Prix Jacques Chambon de la traduction
- Sara Doke pour La Fille automate de Paolo Bacigalupi (Au diable vauvert)

8) Prix Wojtek Siudmak du graphisme
- Shaun Tan pour La Chose perdue et L'Oiseau roi et autres dessins (Gallimard)

9) BD / Comics
- Les Contes de l'ère du Cobra (tomes 1 & 2) de Enrique Fernandez (Glénat)

10) Manga
- Billy Bat (tomes 1 à 5) de Takashi Nagasaki et Naoko Urasawa (Pika)

11) Essai
- Ces français qui ont écrit demain de Natacha Vas Deyres (Honoré Champion)

12) Prix spécial ex aequo
- Les éditions Ad Astra, pour la publication de l'intégrale du Cycle de Lanmeur (2 volumes) de Christian Léourier
- Le label Délirium, pour la publication des anthologies Creepy et Eerie

vendredi 10 mai 2013

"Rigante – L'Intégrale I" de David Gemmel

Voilà un auteur toujours agréable à lire. Ce premier volume de l'Intégrale de Rigante réunit les deux livres L'Épée de l'orage et Le Faucon de la nuit, qui sont les noms véritables de Connavar puis de son fils, Bane, du pays des rigantes qui, tous deux, construiront leur destin sur des enfances difficiles.
Connavar d'abord, fils de Varaconn, parce que ce dernier, mort dans une bataille qu'il ne souhaitait pas livrer, restera toujours un lâche dans l'imaginaire de l'enfant. Rien de comparable à Ruathain, un vrai guerrier, lui, qui a survécu à son ami puis a épousé sa veuve et adopté l'enfant. 
Un père comme tous les enfants en rêveraient, quitte à devenir un héros malgré soi pour atteindre cet idéal et effacer en même temps l'image du père défaillant. Pas facile, surtout quand une mère particulièrement fière ne pardonne pas à son nouvel époux le décès du premier. 
C'est peut-être ce sentiment d'isolement qui poussera Connavar vers Riamfada, l'adolescent handicapé, fils du forgeron méprisant. Et c'est en affrontant un ours pour le protéger au risque de sa vie qu'il deviendra un héros et gagnera amitié et considération. Qu'il perdra aussi la jeune fille qu'il aimait car Arian, le sachant mourant, a épousé son rival. 
Mais il est d'autres amis. Vorna, la sorcière rejetée qui ne voit pas aussi loin que les sidhes mais cependant bien au-delà du présent. Le marchand Banouin, plus âgé, venu d'au-delà de la mer et qui revient chaque année commercer avec les rigantes. Pas un guerrier, tant s'en faut, mais un homme courageux. Le meilleur des compagnons de voyage que l'on puisse trouver pour partir à l'aventure et découvrir ces armées redoutables des Hommes du Roc qui conquièrent territoire après territoire et regarderont tôt ou tard du côté des terres rigantes. 
Il en reviendra avec une épée magique, Démone-lame, et le désir d'unir les tribus environnantes puis de les doter d'une armée capable de repousser les envahisseurs. Le type même du héros arthurien à qui est accordé la protection si ambiguë des sidhes et la malédiction de leur geasa. 
De l'action autant qu'on en souhaite et des personnages cependant assez complexes pour que l'on s'y attache. 
Ceux que l'on retrouvera d'ailleurs nombreux dans le deuxième livre, une génération plus tard, en suivant cette fois la destinée du jeune Bane. Le seul entre tous à haïr Connavar qui n'a pas accepté de le reconnaître. L'adolescent est, en effet, le fils qu'il a eu d'Arian, dans un moment d'égarement, alors que son épouse était assassinée en son absence. Ainsi, même s'il en a tiré une impitoyable vengeance, Connavar ne s'est-il jamais pardonné, se condamnant à une solitude définitive. 
Bane partira donc à son tour vers les Hommes du Roc avec Banouin, fils du marchand et son seul compagnon. Mais son sang ne peut mentir et malgré toute son amertume et sa rage, lui aussi trouvera des amis fidèles et l'estime de ses ennemis dont le moindre n'est pas Jasaray qui ne renoncera pas pour autant à porter le fer chez les rigantes. 
Une lecture très prenante. À double titre. La fantasy y est en effet très classique. On a ici nettement affaire au monde celte, tel que cette littérature nous l'a fait connaître, même s'il se présente sous un nom différent. De même l'ennemi est aisément assimilable, d'une part, aux invasions vikings, d'autre part à l'empire romain, tout à la fois conquérant et déjà atteint par les prémisses de sa décadence. 
Par ailleurs, on est désormais très loin des premières figures caricaturales de l'heroic fantasy aussi étrangères aux états d'âme qu'aux enjeux stratégiques. Il y a une réelle recherche en ce domaine, y compris au niveau des caractères secondaires finement campés, qui donne un souffle particulier à cette saga. La dernière touche, celle de la magie, n'est pas en reste sans pour autant déséquilibrer le récit à son profit. 
Bref, du Gemmel à son meilleur niveau. 

Hélène M.

Éditions Bragelonne 
760 pages – 25 € 
ISBN : 978-2-35294-644-1

jeudi 9 mai 2013

"Redshirts" de John Scalzi

L’espace : ses nefs interplanétaires rutilantes, ses combats épiques, ses espèces exotiques, ses planètes pleines de merveilles et de dangers. Et ses héros. À la fois explorateurs et guerriers, ils se jouent de l’adversité et sont le sel du bon vieux space opera. Mais seraient-ils aussi remarquables sans les figurants qui les entourent ? Tous ces faire-valoir qui composent l’équipage et qui sont généralement les premiers à expérimenter les différentes péripéties que réserve le destin. Souvent de manière définitive. C’est à cette chair à canon que Redshirts rend hommage, le titre faisant référence à leur tenue dans la série Star Trek
Nous y suivons les enseignes Andrew Dahl, Maia Duvall et quelques autres qui viennent d’être affectés à bord de l’Intrépide, vaisseau amiral de l’Union universelle commandé par le légendaire capitaine Lucius Abernathy dont on ne compte plus le nombre de victoires et de planètes découvertes. Mais leur fierté tourne vite à la méfiance, vu le taux de mortalité touchant les membres d’équipage de leur grade qui partent en mission avec l’un des héroïques officiers. Ils vont s’apercevoir qu’ils ne sont pas les premiers à découvrir que cette récurrence ne doit rien au hasard. Or, la seule parade à ce jour est de faire profil bas et de s’arranger pour envoyer les collègues au casse-pipe à sa place. Ne pouvant se satisfaire de cette bassesse et pour prouver qu’on peut être un personnage secondaire sans manquer de personnalité, ils vont se lancer dans la plus rocambolesque des aventures pour remonter à la source même du problème. 
Avec un tel scénario, John Scalzi abandonne toute prétention à une histoire de SF travaillée et solide et mise tout sur son humour froid et son sens du dialogue. Si l’idée de départ n’est ni une trouvaille ni un thème romanesque par excellence, elle a un potentiel parodique non négligeable. Et c’est l’angle exclusif que l’auteur va choisir pour son récit : la parodie de Star Trek. Mais, volontairement ou non, il se laisse enfermer dans cette référence qu'il dévoile très tôt dans son récit puis cite à de nombreuses reprises, les personnages étant eux-mêmes conscients d’être dans une piètre resucée de la série. Il est déjà contreproductif pour une parodie de citer son modèle. Le fait d’à peine oser l'égratigner (les personnages insistent sur la médiocrité du scénario de leurs aventures par rapport à celui de Star Trek) et de prendre un maximum de pincettes pour ne pas forcer le trait relève de la circonstance aggravante. On apprend également dans les remerciements que ce roman n’est pas une satire de Stargate Universe, série télévisée sur laquelle Scalzi a travaillé en tant que consultant. L’auteur n’hésite d’ailleurs pas à mettre dans la même phrase le nom du feuilleton et « soucieux de cohérence scientifique » pour qu’on ne mette pas en doute sa loyauté à ses ex-employeurs. 
Pas étonnant dès lors que l’ennui prédomine rapidement au fil des pages, l’histoire n’étant même pas sauvée par l’humour habituel de l’auteur, ici remplacé par un comique potache assez approximatif tendant vers le salace. Les dialogues sont plats, les personnages sans saveur et le scénario, poussif, enchaîne deus ex machina et remplissage. En bref, une parodie qui ne parodie pas vraiment, et du Scalzi qui est un ersatz de Scalzi. 
Dans ses efforts pour délayer la sauce, il semble que l’auteur arrive au bout de son récit un peu trop prématurément puisqu’il lui adjoint trois codas afin de gagner une petite centaine de pages. Loin de compenser une pirouette finale si gratuite que lui-même ne donne pas l’impression d’y croire, ces trois nouvelles indépendantes parviennent à être encore plus indigestes. De la pseudo-satire, nous entrons de plain-pied dans le registre mélodramatique. Là encore, à mille lieues du Scalzi subtil de la quadrilogie du Vieil homme et la guerre : introspections d'un scénariste qui se sent coupable de faire tuer ses personnages secondaires, d'un jeune homme miraculeusement ressuscité du coma et d'une femme qui se découvre un amour perdu venu d’une autre dimension... Un pathos à la truelle où l'on cherche vainement quelques idées intéressantes sous un vernis de componction larmoyante. 
Difficile de pardonner à un auteur aussi talentueux un tel fourvoiement dans la facilité et le manque d’inspiration. Reste à souhaiter qu’il ne s’agisse que d’un passage à vide et à relire Le Vieil homme et la guerre pour tenter de se persuader que les deux récits sont bien de la même plume.

Michaël F. 

Éditions L'Atalante 
Traduction : Mikaël Cabon 
333 pages - 19 € 
ISBN : 978-2-84172-624-4